A vous !

A toi mon frère que j’aime tant,
Je te souhaite le meilleur des vents.
A toi mon frère qui m’a vu grandir,
J’aurais tant aimé te faire rire.

A toi, à nous, à vous… tous.

A toi ma sœur que j’ai vue petite,
Je t’espère forte tel le granit.
A toi ma sœur qui m’a vu trop grand,
Je te donne mon cœur, ce néant.

A toi, à nous, à vous… tous.

A toi mon père, que j’ai vu devant,
Sur tes pas, je souffle le vent.
A toi mon père, qui ne dis mot,
Sur mes pas, je trace ton sceau.

A toi, à nous, à vous… tous.

A toi maman, toucher et baiser,
Te suivre sur le sentier des fées.
A toi maman, que j’ai su toucher,
Écouter l’écho d’un rêve d’été.

A toi, à nous, à vous… tous.

A toi l’ami, qui m’a tant appris,
Du blanc, du noir, jamais de gris.
A toi l’ami, frère d’armes et beuveries
Un dernier verre plein d’esprit ?

A toi, à nous, à vous… tous.

A toi my doe, que je sais fureur,
Ne garder que ta douce ferveur.
A toi my doe, qui empli mes nuits,
Te perdre non jamais ne puis.

A toi, à nous, à vous… tous.

Bonnet Rouge

Un oiseau à la fenêtre en ce matin d’automne.
Sur tes lèvres une lettre, et le réveil qui sonne.
L’oiseau a prêté sa voix, tu lui a prêté l’oreille.
Pour te mettre sur la voie de ce porteur d’étincelle.
Où va se nicher l’espoir de tes mains d’ouvrier…
Serait ce dans l’histoire de ce guerrier oublié ?
Bonnet Rouge,
Je suis le Bonnet Rouge…

La suite…

L’or

Comme l’or, aux Comores,
Coulent les draps rouges
D’un soleil en attente
De sa nouvelle étoile.
Comme l’or, aux Comores,
S’enroulent en secousses,
Sable, espars et attentes
Dans un jeu de voiles.
Dans les sanglots des mers,
J’ai vu couler une rivière, mêlée au sang de mes frères.
Quand moulu, le bois souffre,
Les vastes coups de boutoir
A l’ombre du fanal
Murmurent déjà « trop tard ».
Quand avide, l’eau s’engouffre,
Les lumières et espoirs
Qu’aveugle elle avale,
Quittent leurs derniers regards.
Loin de la moindre prière,
J’ai vu fleurir et refleurir, ces immenses champs de pierres.
Loin de l’œil électrique,
S’est construite la demeure
De sombres matadors
Aux muscles indolores.
Loin du feu médiatique,
Se propage la rumeur
De la fièvre de l’or,
L’or englouti des Comores.
Pour ces graines de lumière,
Qui ira se recueillir, dans les sanglots des mers.
Peuple des mers, lève toi,
Brise les chaînes qui enserrent
Les barges emplies des fleurs
D’un printemps trompe-la-mort.
Peuple des îles, livre toi,
Accueille ces émissaires
Qui forgeront les clefs
De nos coffres à trésor.

Le sixième continent

Pendant que l’eau monte, que les îles coulent,
Je refais mes comptes, je reste cool.
Investissez, jetez vous à l’eau,
Ce continent, c’est que du cash-flow !
Pas besoin de me regarder dans la glace,
C’est sur j’assure, j’ai la grande classe.
Lunettes noires et costume blanc,
Élégant oui… mais vigilant.
Ce soir, c’est petits fours et réception,
Je reviens d’une longue expédition.
Le sixième continent est mon filon,
Et je compte bien prendre du galon.
Promoteur, j’ai le discours prometteur,
J’ grave rien dans l’ marbre, c’est pas vendeur.
Tout est bio, j’appâte au carton-pâte,
Avec ça, j’ suis l’as de la retape.
Aujourd’hui je me mets au plastique,
Tout le monde sait que c’est fantastique.
Pour une extension, pas besoin de maçon,
Mon continent grandit à sa façon.
Je fais dans le développement durable,
Ma petite affaire est increvable.
Entre Hawaï et San Francisco,
Plus que béton, c’est zéro risque.
Les pieds dans l’eau, c’est pas une légende,
Avec le soleil, ça crée la demande.
Ce continent n’est plus une poubelle,
Et pour ça, je mérite le prix Nobel.
Pour moi, vous savez, l’écologie,
Ça rimera toujours avec profit.
C’est que je garde toujours à l’esprit,
Qu’on ne doit jamais casser les prix.
Je m’y connais, je suis pas inquiet,
Le vert est la couleur de mes billets.
N’hésitez pas, votez pour moi,
Je suis l’entrepreneur du mois.

Croquélien

J’ai traversé, j’ai bourlingué,
L’ouest version grand-large, le grand nord sauvage,
Le sud et sa lumière céleste, les plaines immenses de l’est.

Mais mon cœur t’appartient et toujours je reviens,
Par la route de Concoret, aux landes de Croquélien,
Terre brûlée, domaine des fées, les landes de Croquélien.

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La Saltimbanque

Les cheveux roux, la veste bariolée,
Elle est arrivée en trainant ses souliers.
Sur la colline, pour la fête du vieux Jean,
Y avait du monde qu’en voulait pour son argent.
Dans sa vieille valise tout un attirail,
Des feux d’artifice des pétards en pagaille,
Elle s’est préparée pour une longue bataille.
Seule face à la foule, qui l’eut cru de taille.
La saltimbanque, la saltimbanque, la saltimbanque…
La saltimbanque,
Veut tout faire exploser.
Tant que ca claque,
Elle est dakodak.
La saltimbanque,
Veut tout faire exploser.
Elle veut faire bang,
Dans toutes les langues.

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Citadelle

Je me suis levé dans tes yeux,
Jeu de couleurs électriques,
Le défilé de tes cheveux,
Labyrinthe à l’éclat métallique.

Le scintillement de mon étoile,
La lente éclipse de ta présence,
Et le vent a levé tes voiles,
Etayer l’espace de mes absences.

Noir et blanc le livre s’est ouvert,
Pour que grandisse le désert.
Noir sur blanc, il s’est offert,
Le plaisir de ces quelques vers.

Que la statue de sel, Ô Mer,
Se glisse tout autour d’elle.
Que la statue de sel, Ô Mer,
En fasse une citadelle.

Je t’ai vu t’éloigner, sans retour, sans pitié,
Je t’ai vu t’éloigner, je n’ai rien essayé.

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