L’or

Comme l’or, aux Comores,
Coulent les draps rouges
D’un soleil en attente
De sa nouvelle étoile.
Comme l’or, aux Comores,
S’enroulent en secousses,
Sable, espars et attentes
Dans un jeu de voiles.
Dans les sanglots des mers,
J’ai vu couler une rivière, mêlée au sang de mes frères.
Quand moulu, le bois souffre,
Les vastes coups de boutoir
A l’ombre du fanal
Murmurent déjà « trop tard ».
Quand avide, l’eau s’engouffre,
Les lumières et espoirs
Qu’aveugle elle avale,
Quittent leurs derniers regards.
Loin de la moindre prière,
J’ai vu fleurir et refleurir, ces immenses champs de pierres.
Loin de l’œil électrique,
S’est construite la demeure
De sombres matadors
Aux muscles indolores.
Loin du feu médiatique,
Se propage la rumeur
De la fièvre de l’or,
L’or englouti des Comores.
Pour ces graines de lumière,
Qui ira se recueillir, dans les sanglots des mers.
Peuple des mers, lève toi,
Brise les chaînes qui enserrent
Les barges emplies des fleurs
D’un printemps trompe-la-mort.
Peuple des îles, livre toi,
Accueille ces émissaires
Qui forgeront les clefs
De nos coffres à trésor.